L’impact de vos émotions sur la relation avec votre cheval

L’impact de vos émotions sur la relation avec votre cheval

La semaine dernière, nous vous parlions des mécanismes inconscientes de la relation avec votre cheval. Nous avons abordé de manière théorique les différents « corps » à la fois pour l’humain et pour le cheval.

Si vous n’avez pas eu l’occasion de lire cet article, vous pouvez le retrouver ici.

Aujourd’hui, nous allons traiter de l’impact de nos émotions sur la relation avec notre cheval. Nous vous proposerons quelques petits exercices pour être plus en conscience avec votre corps et avec votre cheval. 

Comme moi, vous défilerez peut-être l’article sans faire les exercices en vous disant que c’est intéressant mais que vous verrez ça plus tard. Vous avez le choix. Vous avez également le choix de découvrir une approche riche d’apprentissages et qui aura un réel impact sur vous et sur votre relation avec votre cheval.

Candice et moi avons hâte de lire vos commentaires! N’hésitez pas à poser vos questions ou à partager vos expériences. 

« Les émotions altèrent le regard que vous portez sur votre cheval et sur votre interaction avec lui »

Notre conscience passe par notre corps physique. Il est le capteur de tout ce qui se passe en nous et autour de nous. Il imprime notre « attitude intérieure » et l’exprime par l’attitude physique et notre corps éthérique (comment nous vibrons, ce que nous émettons dans l’énergie par notre état intérieur).

Par exemple : je viens voir mon cheval, j’ai déjà réfléchi à la séance que je vais faire mais mon corps physique est tendu (il envoie des signaux que nous n’écoutons pas). Je suis cependant convaincu (en tout cas mon mental l’est !) que faire cette séance est une bonne chose pour mon cheval. Je n’écoute pas les signaux de mon corps (les différentes tensions) et je n’adapte pas ma séance à ce que mon corps veut réellement (mon soi). Je me mets donc en désaccord avec mon corps, je déclenche une émotion de colère (je ne suis pas profondément en écoute et je m’en veux). Mon cheval, quant à lui, ne sera pas « au top ». Souvent notre réflexe est de conclure : « mon cheval n’a pas aimé ceci ou cela », « mon cheval n’était pas réceptif aujourd’hui, pas disponible, dur dans la bouche » etc

"L’état émotionnel est un état inconscient, qui résulte des schémas de l’éducation"

L’état émotionnel est un état inconscient, qui résulte des schémas de l’éducation. Notre façon d’être est régit par des obligations qui résultent du regard extérieur – la peur d’être jugé, de ne pas être parfait, de ne pas être à la hauteur, de ne pas répondre aux normes, aux codes sociaux.

En réalité, c’est la sévérité que nous avons, envers vous-même – issue de notre éducation, de nos croyances – qui nous impose tout cela.

A titre d’exemple : vous longez votre cheval. Il est davantage capté par son environnement que par vos demandes. Sa tête est tournée vers l’extérieur, il ne vous écoute pas. Vous vous énervez, vous vous agacez. Il fait quelques ruades, cela vous énerve encore plus mais vous ne changez rien dans votre façon de faire (justification : vous attendez qu’il se calme) = habitude éducative de « je me mets en retrait et j’observe ». L’émotion de colère prend sa place ; vous attendez de votre cheval qu’il change son attitude, sans rien mettre en place de votre côté.  Cela vous est-il déjà arrivé ? Vous vous mettez en colère contre votre cheval, devenez sévère, haussez la voix, vous le jugez d’être comme ceci ou comme cela…

Il en est de même lorsque vous juger sévèrement une situation, une personne. Qui jugez-vous réellement ?

Exercice : 

Mettez-vous à la porte du box ou du pré de votre cheval. Regardez-le. Notez dans votre tête ou sur du papier toutes vos perceptions : exemple : beau, curieux, discret, renfermé, etc… Puis intégrez tous ces mots en respirant dans votre corps et voyez où ils se posent en vous et dans votre esprit. Respirez. Notez ce qu’il se passe pour vous et votre cheval.  Si ce n’est rien alors notez « rien ».

"L’attitude n’est qu’une résultante de notre état intérieur"

Être en conscience permet d’être disponible dans la relation. Les chevaux sont toujours disponibles pour nous. J’entends par « disponible » le fait qu’ils ne sont pas pris dans des pensées, des jugements, des émotions, des obligations. Ils sont entièrement là, présents, dans l’instant.

Attention aux confusions. Il y a souvent une confusion entre « disponibilité » et « temps passé » avec les chevaux. Ainsi, vous pouvez passer des milliers d’heures à côté de votre cheval en n’étant jamais disponible et passer très peu de temps dans une totale disponibilité. Dans ce dernier cas, le résultat sera beaucoup plus productif dans la construction de votre relation.

C’est pourquoi l’attitude n’est qu’une résultante de notre état intérieur et pourquoi il est important de partir de la source : l’écoute de soi.

Mettre un état conscient sur son intérieur permettra de comprendre les comportements de notre cheval et permettra aussi de discerner notre cheval en tant que cheval (ses besoins, comportements liés au chevaux) et ce qui résulte de votre état, de vos attentes envers votre cheval. Plus vous serez en discernement sur vous-même et votre cheval, plus votre relation sera clarifiée et simplifiée.

Nouvel exemple : Enfant, vous avez eu l’habitude d’être dans une éducation rigide, une éducation très codifiée par les apparences sociales, très « mentalisée ». Vous allez inconsciemment être dans une relation rigide avec votre cheval (souvent par opposition à votre éducation vous souhaitez prendre le contrepied en étant « cool » mais finalement vous êtes pris dans votre rigidité : jugements, attentes, croyances, négativité sur vous-même…).

Exercice : 

Observez-vous intérieurement lorsque vous lisez tout cela : Notez un exemple vécu avec votre cheval d’un jugement, d’une attente, d’une croyance, d’une pensée négative sur vous-même. Notez des exemples précis, sans filtre.

"Nous devons (ré)apprendre qui nous sommes vraiment"

Observez votre corps mental et causal qui peuvent alors se mettent en action, vous prendre la main : « Je sais déjà ce qu’elle raconte, je n’ai pas besoin de faire l’exercice, je ferais la prochaine fois »…

Observez si vous devenez à la merci de votre mental ? Ce « blabla » qui veut vous dévier de votre expérience ? Si c’est le cas, respirez et demandez à votre corps ce qu’il en pense ? Demandez-lui de vous indiquer une partie de votre corps qui serait utile d’écouter pour aller plus loin dans l’exercice. Respirez.

L’éducation sociétale dans laquelle nous grandissons qui est entièrement tournée sur les apparences sociales. L’intellectualisation par l’utilisation permanente du mental nous a embarquée dans une non-connaissance de nous-même. Dans des croyances répétées de générations en générations par la non-connaissance de soi. Or pour avancer vers ce qui nous tient à cœur aussi bien dans la vie que dans la relation avec notre cheval, il est essentiel d’apprendre à connaitre qui nous sommes vraiment.

Nous avons hâte de connaitre vos ressentis ! N hésitez pas à partager avec nous vos interrogations, vos expériences et vos doutes, nous serons ravies de vous accompagner dans ce chemin. 

Dans le prochain article, nous parlerons de l’impact de vos émotions sur votre corps physique. 

Nous détaillerons les émotions et leurs ancrages. Nous avons déjà hâte de partager tout cela avec vous. 

Partagez votre expérience !